Sorti un... 27 Juillet : "Highway To Hell" de AC/DC (1979, Atlantic Records)

Credits Photo : @ Fin Costello

Le 27 juillet 1979 sortait le chapitre final de la collaboration entre le groupe australien AC/DC et son iconique chanteur Bon Scott. En effet, si - malgré les maladies, les décès et les contraintes liées au vieillissement de ses membres, le groupe continue encore aujourd’hui de tracer son sillon, Bon Scott disparut tragiquement dans la nuit du 18 au 19 février 1980 des suites d’une soirée fortement alcoolisée dans un pub londonien.

Sorti en 1979, “Highway To Hell” allait donc être le dernier album d’AC/DC sur lequel la voix distinctive, l’énergie inépuisable et l’attitude rebelle de Bon Scott menaient la charge. Et bien que certains extrémistes continuent de regretter l'arrivée de Brian Johnson, il ne fait guère de doute que “Highway To Hell” constitue le chapitre final idéal pour Bon Scott. Il ne nous reste plus qu’à imaginer ce qu’auraient pu rendre les prouesses vocales du chanteur originaire de Forfar (en Écosse) avec le temps sur les enregistrements suivants d’AC/DC…

Credits Photo : @ Michael Putland

S’il ne faut guère négliger des albums de l'ère Bon Scott comme “Dirty Deeds Done Dirt Cheap”, “Let There Be Rock”, “High Voltage” ou la virtuosité de “Powerage” (chroniqué ici), “Highway To Hell” est peut-être le disque le plus cohérent de l’ère Bon Scott (même si, vous l’aurez compris, il n’est pas mon favori). Il s’agit d’un chef-d'œuvre de rock n’ roll aux racines blues. Une expression certes galvaudée, mais qui prend tout son sens lorsque l’on examine l’héritage musical de Bon Scott.

À l'écoute de “Highway To Hell”, il apparaît immédiatement que le groupe a atteint un sommet musical. Après avoir longtemps peaufiné sa maîtrise sonore, AC/DC a marqué un tournant dans sa façon d'enregistrer avec cet album, le premier à ne pas être produit par le duo George Young et Harry Vanda. Le résultat est un disque au son plus soigné. En effet, sur le plan musical, il incarne le son brut et survolté du groupe, porté par des riffs de guitare puissants, des rythmes entraînants et la voix rauque inimitable de Bon Scott. Une évolution qui allait finalement faire d’AC/DC le groupe de hard rock le plus grand et le plus populaire au monde.

Credits Photo : @ Rob Verhorst

“Highway To Hell” est ainsi devenu un album majeur, qui a propulsé le groupe vers une renommée mondiale. Ce disque propose un rock n’ roll direct, frontal, riche en grooves aux accents bluesy, en « power chords » et en refrains fédérateurs, mettant en valeur l'alchimie unique entre les frères Angus et Malcolm Young à la guitare et la solide section rythmique formée par Phil Rudd et Cliff Williams.

« Un disque emblématique du rock des années 1970, qui couronne Bon Scott au sommet du hard rock mondial »

Le titre “Highway To Hell” compte parmi les plus grands morceaux d’ouverture de tous les temps. Le riff comme le rythme sont irrésistibles ; ils donnent le ton de l’album tout en incitant l’auditeur à monter le volume, et le solo d’Angus Young est également exceptionnel. Écrit à l’origine pour évoquer les exigences épuisantes des tournées, le titre a pris, après le décès du chanteur, une dimension différente, évoquant davantage les excès personnels que les contraintes liées à la vie d’un groupe de rock n’roll. “Girls Got Rhythm” enchaîne ensuite avec sa magie rythmique.


Si “Walk All Over You” ralentit temporairement le rythme et fait probablement partie des morceaux les moins réussis de ce disque, son jeu de batterie est exquis et cette chanson reste solide, sans pour autant susciter un enthousiasme débordant. “Touch Too Much” est quant à lui un morceau incontournable que l’on dirait extrait tout droit des enfers, tandis que “Beating Around The Bush” possède un riff reconnaissable entre mille et que “Shot Down In Flames” est un morceau de hard rock bluesy absolument génial, qui témoigne parfaitement de l’univers musical apporté par Bon Scott.


“Get It Hot” poursuit ensuite dans cette veine blues, avec une exécution encore plus convaincante que sur “Shot Down In Flames”. Alors, certains vous diront qu’AC/DC se contente d’enregistrer inlassablement la même chanson, avec de légères variations, tandis que d’autres apprécieront la cohérence des productions du groupe australien. Chacun se forgera sa propre opinion.

Si la « ballade » “Love Hungry Man” nous propose un groove d’enfer, elle frise parfois le ridicule par son côté cliché, tandis que le titre tiré de leur album live de 1978 “If You Want Blood (You’ve Got It)” est tout simplement génial et constitue pour moi l’un des titres les plus fédérateurs de la carrière d’AC/DC. Il est peut-être même l’un des morceaux les plus emblématiques de l’histoire du hard rock. Quant à “Night Prowler”, même s’il restera à jamais associé aux meurtres en série de Richard Ramirez (car le tueur en série ayant sévi en 1985 était surnommé par la presse « The Night Stalker » en référence à cette chanson), il se révèle être un excellent titre de clôture et est musicalement l’une des meilleures chansons jamais enregistrées par AC/DC. Le jeu de guitare d’Angus est époustouflant, tandis que la voix rocailleuse de Bon Scott et les chœurs offrent l’une des meilleures harmonies vocales imaginables pour un groupe de hard rock.


La grande force de cet opus réside dans sa simplicité et son intensité ininterrompue. Des morceaux comme la piste-titre “Highway To Hell” s'articulent autour de riffs de guitare contagieux et d'une production brute et sans fioritures, signée Mutt Lange. La contribution de ce dernier à ce disque est capitale : son souci du détail et sa maîtrise technique ont conféré au groupe un son plus peaufiné, tout en restant électrisant. Des morceaux tels que “Girls Got Rhythm” et “Touch Too Much” suivent la même logique, mêlant l'attitude rebelle de Bon Scott à des arrangements musicaux d'une grande précision. Cette collaboration a si bien fonctionné que Mutt Lange produira par la suite “Back in Black” et “For Those About To Rock We Salute You”, le premier marquant un retour spectaculaire quelques mois après la disparition de Bon Scott (et dont vous pouvez retrouver notre chronique ici).


Malgré l'énergie et la fougue qui s'en dégagent, l'enregistrement de “Highway To Hell” ne s'est pas fait sans heurts. Le groupe a dû concilier sa volonté de préserver un son brut, évoquant l'ambiance des bars et des bagarres, avec la vision de Mutt Lange, désireux de rendre les morceaux plus accessibles aux radios. Et ce fut évidemment le dernier album avec Bon Scott, dont la voix unique et le charisme, qui s'exprimaient pleinement sur ce disque, allaient disparaître alors même que le groupe était à l'aube d'un succès international majeur.

Publié il y a 47 ans, “Highway To Hell” est devenu le 1er album d’AC/DC à se classer dans le Top 100 des charts américains, atteignant la 17e place du Billboard 100, un bond en avant considérable par rapport à leurs précédentes productions. Depuis sa sortie, l'album s'est vendu à plus de 9 millions d'exemplaires rien qu'aux États-Unis et à plus de 20 millions dans le monde. Son statut de chef-d'œuvre incontournable du hard rock, empreint d'un esprit rebelle et viscéral, est désormais solidement ancré dans l'histoire du genre. Ce disque demeure un pilier du répertoire d’AC/DC, un disque emblématique du rock des années 1970 qui couronne Bon Scott au sommet du hard rock mondial et probablement la meilleure porte d’entrée vers la découverte de l'œuvre et de la légende du groupe australien.


“Highway To Hell” d’AC/DC, LP 10 titres sorti le 27 juillet 1979 chez Atlantic Records

Tracklist :

1. Highway To Hell (3:28)

2. Girls Got Rhythm (3:23)

3. Walk All Over You (5:10)

4. Touch Too Much (4:26)

5. Beating Around The Bush (3:56)

6. Shot Down In Flames (3:22)

7. Get It Hot (2:34)

8. If You Want Blood [You’ve Got It] (4:37)

9. Love Hungry Man (4:17)

10. Night Prowler (6:18)





Credits Photo : @ Tone Deaf

Credits Photo : @ Rock N' Reviews


Bibliographie : Pitchfork, NME & Rolling Stone Magazine


Manu, pour le R.A.S.

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