Sorti un... 17 Juillet : "Currents" de Tame Impala (2015, Modular Recordings)
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| Credits Photo : @ Davy Croket.com |
En 2015, le groupe Tame Impala compte déjà parmi les vraies références du rock psychédélique. Si son leader a posé ses flycases dans la Ville Lumière il y a des années en provenance de Perth, Tame Impala n’en demeure pas moins un projet australien fédéré autour du passionné, obsessionnel et méticuleux Kevin Parker, musicien aux multiples casquettes : producteur, arrangeur, auteur-compositeur et chanteur.
Après 2 bons albums, quoi que perfectibles, “InnerSpeaker” en 2010 et “Lonerism” en 2012, Tame Impala a publié le 17 juillet 2015 chez Modular Recordings son 3ème effort, intitulé “Currents”. Un disque qui va bouleverser la destinée artistique du combo australien, sur lequel Kevin Parker a soigné la musique, particulièrement les percussions, mais aussi l’écriture, nous livrant des textes profonds empreints de ruptures sentimentales et de chagrins d’amour.
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| Source : @ Wikipedia |
Après 2 albums centrés sur le retrait de Kevin Parker du monde, le chanteur se reconnecte à la vie sur “Currents”. Et il est plus seul que jamais. L'isolement désemparé, parfois mélancolique, qui caractérisait “InnerSpeaker” et “Lonerism” s'est mué en chagrin d'amour, en amertume et en regrets, des sentiments qui peuvent être destructeurs si on les ignore. Cet album marque une rupture à plusieurs niveaux : le plus évident étant la fin d'une relation amoureuse, mais aussi la séparation de la guitare comme principal instrument d'expression, et même la fin de l'idée que Tame Impala puisse être dissocié de Kevin Parker.
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| Credits Photo : @ Rolling Stone |
Mais “Currents” marque avant tout un tournant artistique pour le quintet australien : sur cet album, Tame Impala fait sa mue, transformant son rock psychédélique mélancolique en électro-pop gracieuse et festive. En se remémorant - et en exploitant - ses souvenirs d’enfance à danser en écoutant les Bee Gees, Kevin Parker a pratiquement remplacé les guitares par des synthés, devenant par la même occasion une véritable icône du revival psyché. Finies les guitares fuzz et les trips Beatles-esques sous LSD, comme sur “Tomorrow Never Knows”. Ce 3ème effort fait la part belle aux synthés, aux rythmiques discos, aux sucreries 70’s et 80’s, avec même des touches de vocodeur !
« Un album révolution… un joyau immensément complexe et une fantastique machine à rêves »
“Let It Happen”, le 1er morceau fleuve de l’album écrit dans un RER parisien, nous confirme cette impression et fait la jonction entre le passé et le présent, avec gimmicks sonores et refrain accrocheur qui ne renient pas les circonvolutions. Ce titre rappelle d’ailleurs par certains aspects la folie électro psychédélique et disco contenues dans le merveilleux “Random Access Memories” de Daft Punk. Et l’ensemble des morceaux est au diapason… Chaque morceau témoigne de l'étendue du talent et de l'expertise grandissante de Kevin Parker en tant que producteur, arrangeur, compositeur et chanteur. Tout en préservant l'essence de Tame Impala, il se montre aussi irrévérencieux dans la soul et le R&B que dans le rock psychédélique.
Si “Nangs” et “Gossip” servent de transitions entre les productions, elles n’en demeurent pas moins de pures démonstrations de modulation synthétique époustouflante, qui prouvent que Parker excelle dans tous les domaines. “Currents” est ainsi le fruit de nombreux changements structurels, troquant la surenchère habituelle contre une certaine complexité et des lignes instrumentales épurées. Cet opus nous montre, comme nous le savions déjà, que Kevin Parker excelle dans l'écriture de riffs de guitare accrocheurs et simples. En résulte un psychédélisme différent, bourré d’effets en tous genres, de basses disco et de classe. On navigue ainsi entre la nu soul sensuelle de “Cause I’m A Man”, l’électro-disco-funk nocturne de “The Less I Know The Better” et la ballade rêveuse “Yes I’m Changing”.
Mais ce n’est pas tout… S’il y a du Daft Punk dans ce 3ème album, on y retrouve également du Michael Jackson, du Giorgio Moroder, de la synthpop, et encore tout plein de choses tout aussi inattendues que réjouissantes. Les basses y sont rondes, les voix cristallines, et la faculté hors normes de Kevin Parker à jongler entre morceaux de pur génie et pop ringarde nous guide sur le chemin de ce disque déroutant, fantasque et incroyablement enthousiasmant. En un mot : passionnant. Un disque sur lequel flotte l’ombre de Mark Ronson et qui serait en quelque sorte le pendant du “Kid A” de Radiohead : il réinvente et enrichit le rapport de Tame Impala au rock traditionnel.
De par les changements qu’il induit, “Currents” pourrait ainsi être considéré comme un album de transition, mais au vu de la discographie du groupe australien, tous leurs efforts ne devraient-ils pas être qualifiés de la sorte ? Mais plutôt que ce qualificatif imparfait, on préférera dire qu’avec ce disque révolution, Kevin Parker opère un changement de cap radical, tout en restant fidèle à son psychédélisme originel. “Currents” est ainsi l’un des albums les plus marquants de sa décennie, le fruit de la quête compulsive de perfection d’un musicien atypique, mais surtout un disque formidable, sucré comme un doux bonbon pop et frénétique de par les hits intergénérationnels qui le composent, et qu’il convient d’aborder pour ce qu’il est : un joyau immensément complexe et une fantastique machine à rêves.
“Currents” de Tame Impala, LP 13 titres sorti le 17 juillet 2015 chez Modular Recordings
Tracklist :
1. Let It Happen (7:47)
2. Nangs (1:47)
3. The Moment (4:15)
4. Yes I’m Changing (4:30)
5. Eventually (5:18)
6. Gossip (0:55)
7. The Less I Know The Better (3:36)
8. Past Life (3:48)
9. Disciples (1:48)
10. ‘Cause I’m A Man (4:01)
11. Reality In Motion (4:12)
12. Love/Paranoia (3:05)
13. New Person, Same Old Mistakes (6:03)
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| Credits Photo : @ Classic Album Sundays |
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| Credits Photo : @ Josh Brasted |
Bibliographie : NME, FIP & Radio Nova
Manu, pour le R.A.S.









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