Sorti un... 03 Juillet : "White Blood Cells" des White Stripes (2001, Sympathy For The Record Industry)
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| Credits Photo : © ABC News |
Si le rock - le « vrai », diraient certains - émergea des sous-sols poisseux new yorkais et des garages londoniens (et inversement) à l’aube des années 1970 sous l’impulsion du Velvet Underground, des Stooges, des Ramones, des Clash et des Sex Pistols (entre autres), la scène revival rock du début du 21ème siècle doit énormément à un disque publié il y a 25 ans jour pour jour.
En effet, le 03 juillet 2001 sortait “White Blood Cells”, le 3ème album de l’énigmatique duo garage le plus célèbre de « Motor City » (NDLR : surnom de Detroit, capitale de l’état du Michigan, en référence à son économie historiquement portée par l’industrie automobile) : The White Stripes. Si, en 2001, la renommée de Jack & Meg White était encore relative malgré leur omniprésence sur les scènes underground des Etats-Unis, l’album “De Stijl”, publié l’année précédente, les a conduit progressivement sur le chemin de la reconnaissance publique.
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| Credits Photo : © Third Man Records |
À l'instar de son prédécesseur, “White Blood Cells” dégage une énergie irrésistible, une grande variété et, surtout, une profusion de grooves puissants et viscéraux, dont le titre d'ouverture, “Dead Leaves And The Dirty Ground”, est particulièrement saisissant. Il illustre à merveille le style rock n’ roll rauque et le flow concis du chanteur. S’ensuit la ballade country entraînante et décontractée “Hotel Yorba”, où le duo retrouve l’énergie brute des débuts de Railroad Jerk : un boogie joyeux où la voix de Jack se brise et s'élève, presque jusqu'au yodel. Etonnament, ce titre, à l’instar de la douce idylle de “We’re Going To Be Friends”, que l’on retrouve plus loin sur ce disque, connaîtra un succès inattendu, même si ce n’est pas sur ce registre que l’on attend les White Stripes.
En effet, leur marque de fabrique réside plutôt dans les rythmes saccadés et percutants de titres comme “I’m Finding It Hard To Be A Gentleman” ou “Expecting”. Il convient également de noter que “White Blood Cells” vibre tel certains des moments les plus bruts du rock classique, martelant à la façon du MC5 et, sonnant comme Black Sabbath sur la véritable explosion instrumentale que nous propose “Aluminum”. La guitare de Jack White rappelle la seconde moitié de “Rust Never Sleeps” de Neil Young, tandis que sa voix insolente et assumée hurle dans les aigus et se brise, telle une adolescente en colère, et que les paroles, concises, directes, et poétiques comme celles d'un vieux bluesman, évoquent un amour perdu.
L'association improbable de motifs musicaux primitifs avec des références plus pop est l’une des clés du succès des White Stripes. Ainsi, “I Can’t Wait” reprend (en le ralentissant) le riff du “Cannonball” des Breeders, tandis que l’alchimie parfaite de l’influence des Yardbirds et de l’exaltation adolescente des premiers Beatles sur la frénétique et endiablée “Fell In Love With A Girl” séduit et provoque un désir irrépressible de danser. “The Same Boy You’ve Always Known”, ballade rock bouleversante par son impact émotionnel, est un autre moment fort de ce disque.
Mais en vérité, il est difficile de sortir réellement une chanson du lot, tant “White Blood Cells” est un album formidable, riche et varié, tout en demeurant concis et captivant. Ce 3ème effort reste fidèle à la formule des précédents albums des White Stripes : tendus, dépouillés et incisifs. Mais c'est sur “White Blood Cells” que Jack & Meg White trouveront la bonne formule, précise et capable de transmettre les émotions les plus profondes en un seul morceau.
« Un morceau de roche dur comme le granite et brillant comme le diamant »
S’achevant sur un “This Protector” joué au piano, dénotant après cette avalanche de guitare et de batterie mais réussissant tout de même à coller à la ligne artistique de l’album par la violence de chaque note, “White Blood Cells” est indéniablement un album charnière dans la carrière des White Stripes. De nombreux éléments qui feront le succès inimaginable de “Elephant” 2 ans plus tard sont déjà présents : la simplicité percutante et insistante de la batterie de Meg White, qui épouse à la perfection les riffs intenses, rythmiques et bluesy de Jack White, une connaissance approfondie de l'histoire de la pop, et évidemment, une identité visuelle reconnaissable entre mille.
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| Credits Photo : © Billboard |
Longtemps considérés comme le Christ et Prométhée du revival rock, éternellement morts et ressuscités, Jack et Meg White invoquent dans ce disque le Saint-Esprit et le canalisent à travers 16 chansons d'une concision parfaite et empreintes de nostalgie. Guitare électrique saturée et criarde, batterie déchaînée et c'est tout. Ils n'innovent pas le rock, ils l’incarnent.
Pourtant, si le garage rock des White Stripes est simple, dépouillé et hurle le blues, il y a quelque chose de bien plus profond derrière cette simplicité. La guitare distordue de Jack White hurle comme une bagarre de chiens enragés, ses cordes massacrées jusqu'à la rupture, tandis que Meg martèle ses fûts avec une énergie dévastatrice. Album qui voit l’un des duos les plus énigmatiques de l’histoire du rock à l’aube d’une consécration internationale, “White Blood Cells” est - ni plus ni moins - le disque qui, avec “Is This It ?” des Strokes, a sonné le réveil du rock aux 4 coins du globe au début des années 2000. Un disque iconique pour un groupe qui ne l’est pas moins…
“White Blood Cells” des White Stripes, LP 16 titres sorti le 03 juillet 2001 chez Sympathy For The Record Industry
Tracklist :
1. Dead Leaves And The Dirty Ground (3:02)
2. Hotel Yorba (2:10)
3. I’m Finding It Harder To Be a Gentleman (2:54)
4. Fell In Love With a Girl (1:50)
5. Expecting (2:03)
6. Little Room (0:50)
7. The Union Forever (3:26)
8. The Same Boy You’ve Always Known (3:07)
9. We’re Going To Be Friends (2:20)
10. Offend In Every Way (3:06)
11. I Think I Smell a Rat (2:04)
12. Aluminium (2:19)
13. I Can’t Wait (3:38)
14. Now Mary (1:47)
15. I Can Learn (3:31)
16. This Protector (2:12)
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| Credits Photo : © NME |
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| Credits Photo : © NME |
Bibliographie : NME, Les Inrocks & Indiepoprock
Manu, pour le R.A.S.









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