Sorti un... 12 Août : "Metallica : The Black Album" de Metallica (1991, Elektra Records)
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| Source : @ Metallica.com |
Bien souvent, dans le métal comme dans tout style musical, toute tentative de s'éloigner d’une formule qui a fait ses preuves, de sortir de sa zone de confort, peut se heurter à la résistance de certains fans. Faisant preuve de davantage d'intelligence que bien d’autres groupes de heavy metal de l’époque, les membres du groupe californien Metallica - James Hetfield à la guitare et au chant, Kirk Hammett à la guitare, Jason Newsted à la basse et Lars Ulrich à la batterie - tentent d’évoluer au début des années 1990 et délaissent les revirements complexes de leurs albums précédents, “Master of Puppets” en 1986 (dont vous pouvez retrouver notre chronique ici) et “... And Justice For All” en 1988, au profit d'une approche plus épurée.
Sorti le 12 août 1991 chez Elektra Records, l’album éponyme de Metallica, communément surnommé « The Black Album », a marqué un tournant majeur dans la carrière du groupe. Réputé pour sa production soignée et son son accessible, cet album a fait le pont entre le thrash metal et le rock grand public, propulsant Metallica au rang de groupe incontournable. La production, assurée par Bob Rock, a apporté une clarté et une puissance sonores inédites, contrastant nettement avec la rudesse de leurs œuvres précédentes. Cette évolution sonore, caractérisée par des structures de morceaux plus simples et des tempos plus lents, a suscité à la fois l’enthousiasme de la critique et la controverse parmi les fans de la première heure.
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| Credits Photo : @ Ross Halfin |
La première chose qui frappe à l’écoute de ce nouvel album de Metallica, c’est sa qualité sonore exceptionnelle. Le disque précédent du groupe, “... And Justice For All”, semblait pourtant incarner la clarté et la puissance du heavy metal lors de sa sortie en 1988. Mais comparé au « Black Album », ce disque paraît presque étriqué, tant les textures sonores et la profondeur acoustique de ce nouvel album constituent une véritable révélation. Toutefois, cet effort ne se résume pas à une prouesse technique. La richesse des détails et la dynamique relèvent d’une conception essentiellement musicale. Elles font partie intégrante des arrangements, des structures des morceaux et de l’impact de chaque titre.
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| Credits Photo : @ Fin Costello |
Sur le plan musical, “The Black Album” est une véritable leçon de heavy metal. Les premières mesures du morceau d’ouverture “Enter Sandman” en témoignent parfaitement. La chanson débute par l’apparition progressive d’un riff de guitare au rythme saccadé. Alors que ce riff monte en puissance et laisse place à la section rythmique, une texture de guitare totalement différente vient se superposer en arrière-plan. Toute cette subtilité captive l’auditeur et focalise son attention. Lorsque le batteur Lars Ulrich entre en scène, l’impact de son premier coup de caisse claire semble jaillir du disque pour résonner au cœur même de la pièce. Au bout d’à peine 30 secondes d’écoute, la virtuosité des musiciens, les arrangements et la qualité de la production s’unissent pour définir l’espace sonore dans lequel l’album tout entier va se déployer.
Sur le plan stylistique, ce disque mise sur la diversité là où “... And Justice For All” enchaînait les titres autour de thématiques et de structures de riffs très proches. À l’inverse, chacun des 12 titres de “Metallica” possède sa propre identité. Ainsi, des titres comme “Sad But True” et “The Unforgiven” ont mis en valeur la capacité du groupe à conjuguer lourdeur écrasante et mélodies envoûtantes, tandis que “Nothing Else Matters” a révélé une facette plus introspective de Metallica, grâce à des arrangements orchestraux et des paroles empreintes d'émotion. La sonorité de cet album marquait une rupture avec les compositions complexes de l’album précédent, témoignant d'une orientation vers une approche plus raffinée et commercialement porteuse.
Lorsqu’un groupe choisit de donner son propre nom à son 5ème album, cela implique généralement une volonté de redéfinition de son identité. Sur ce disque éponyme, Metallica est bien loin de l'énergie brute et de l’imagerie violente et dévastatrice des débuts. De ce fait, plusieurs titres du « Black Album » furent érigés au rang de classiques du heavy metal.
« Pierre angulaire de l'héritage de Metallica… cet album mythique fait habilement le pont entre le métal commercial et le thrash bien plus brutal de Slayer, Anthrax et Megadeth »
En effet, “Wherever I May Roam” s'épanouit après une introduction aux sonorités de sitar pour devenir un morceau puissant et lyrique, porté par des « power chords ». La basse de Jason Newsted s’harmonise avec les guitares pour créer ce son inimitable propre à Metallica. Avec sa structure variée et son refrain d'une mélancolie et d'une mélodie transcendantes, le morceau a tout d’un hymne, mais un hymne qui conserve une dimension humaine.
Si “The Unforgiven”, “My Friend of Misery” et “Sad But True” semblent également destinés à traverser les générations, Metallica n’en oublie pas pour autant ses fans de la première heure avec les incisifs et percutants “Through The Never”, “Of Wolf And Man” et “The Struggle Within”. La seule fausse note de ce disque est “Don’t Tread on Me”, une chanson creuse, qui verse sans équivoque dans le chauvinisme. Après la dénonciation passionnée de la guerre et de l’injustice sociale sur “... And Justice For All”, ce titre surprend et détonne dans la discographie de Metallica, puisqu’il sera utilisé par certaines entreprises pour justifier le bien fondé de la Guerre du Golfe. Il s’agit du seul véritable raté d’un album par ailleurs exemplaire, offrant un heavy metal mature mais toujours aussi percutant.
Accusé par certaines fans de trahir leurs racines thrash avec cet album éponyme, Metallica n’est peut-être plus à la pointe du métal pur et dur comme à ses débuts, mais le groupe élargit sa palette musicale et expressive. Cette initiative audacieuse s’est néanmoins avérée être un coup de maître stratégique, le « Black Album » devenant par la suite l’un des albums les plus vendus de tous les temps. Depuis sa sortie, l'album s'est écoulé à plus de 31 millions d'exemplaires dans le monde, s'imposant comme l'une des meilleures ventes de l'histoire du heavy metal.
L’influence de ce disque, tant sur le genre que sur le paysage rock dans son ensemble, est immense, ses titres continuant de trouver un écho auprès du public et tournant encore en rotation lourde en radio, des décennies après leur parution. Ce « Black Album » demeure un album foisonnant d'idées nouvelles, une pierre angulaire de l'héritage de Metallica, témoignant de la capacité du groupe à évoluer tout en conservant son statut de géant du heavy metal. Élément indispensable de toute discographie qui se respecte, cet album mythique fait habilement le pont entre le métal commercial et le thrash bien plus brutal de groupes comme Slayer, Anthrax et Megadeth. Incontournable tout simplement !
Tracklist :
1. Enter Sandman (5:31)
2. Sad But True (5:24)
3. Holier Than Thou (3:47)
4. The Unforgiven (6:27)
5. Wherever I May Roam (6:44)
6. Don’t Tread On Me (4:00)
7. Through The Never (4:04)
8. Nothing Else Matters (6:28)
9. Of Wolf And Man (4:16)
10. The God That Failed (5:08)
11. My Friend Of Misery (6:49)
12. The Struggle Within (3:52)
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| Credits Photo : @ Midori Tsukagoshi Shinko |
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| Credits Photo : @ Metalligeek |
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| Source : @ Metallica.com |
Bibliographie : Aux Portes du Metal, Kerrang & BBC
Manu, pour le R.A.S.










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