Live Report : Festival du Cabaret Vert 2022 / J2 - Jeudi 18 août 2022

Credits Photo : © Darkroom

Après une courte nuit, nous reprenons le chemin du Square Bayard pour la 2ème journée de ce cru 2022 du Cabaret Vert. Une édition des plus stimulantes car enrichie d’une journée supplémentaire. En arrivant sur site ce jeudi, jour beaucoup plus habituel pour les fidèles du festival, nous nous faisons une réflexion : du haut de sa centaine d’artistes programmés, jamais le Cab’ n’avait affiché pareilles promesses, notamment en terme d’éclectisme… « C’est quoi ce b***el… c’est Mardi Gras ou quoi ? » s’interroge une dame en passant le contrôle. La découverte de nombreux visages peinturlurés s’explique par la présence de l’un des principaux headliners de l’édition 2022 : Slipknot, et son armée de fans décharnés mais toujours sympas. Ce jeudi au Cabaret Vert, il y a comme un petit parfum de Knotfest.

Credits Photo : © Rock Alternative Show

Pour l’ouverture de la journée, nul besoin de présentation puisque c’est un habitué des lieux qui se présente au nombreux public de Zanzibar. Avec ses 5 participations au compteur, tant avec son groupe Fuzz qu’avec son projet solo, Ty Segall  a déjà son rond de serviette du côté de la Macérienne et fait figure d’institution… Durant un set où il alternera riffs garage, explosions noisy et expérimentations soul, le blond californien nous confirmera qu’il est bel et bien tombé dans la marmite psychédélique quand il était petit.

Ty Segall - Credits Photo : © Darkroom

« Think globally, act locally », voilà une devise que le Cabaret Vert a fait sienne depuis longtemps. Toujours en quête de bon métal, nous nous régalons à la découverte des riffs décapants des régionaux de l’étape, les rémois de Protogonos sur Razorback. Nos pas nous guident ensuite naturellement vers le sludge bien vénère des nîmois de Uncomfortable Knowledge, qui ravissent et réveillent les Illuminations. Il y a un petit côté Mastodon chez ces gars-là et, soyons clairs, ce n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire.

Protogonos - Credits Photo : © Darkroom
Uncomfortable Knowledge - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Uncomfortable Knowledge - Credits Photo : © Darkroom

Uncomfortable Knowledge - Credits Photo : © Rock Alternative Show

L’ultime étape de notre triptyque metal français du jour verra les retrouvailles avec de vieilles connaissances : les troyens de Disconnected, aperçus en 2019 en ouverture de Mass Hysteria. Si nous avions apprécié leur performance il y a 3 ans, il faut reconnaître que ce n’est plus le même groupe qu’à l’époque. Ils font tout de la même façon… mais en mieux. Le charisme du chanteur-aboyeur Ivan irradie le public de Razorback, tandis que les guitares d’Adrian et Florian régalent par leur puissance et leur finesse, et que Romain à la basse et Jelly derrière ses fûts apportent de la cohérence à cet ensemble, qui semble n’en avoir nul besoin. Nous en avions déjà la sensation à l’écoute de leur album “We Are Disconnected” sorti en avril dernier… Nous en sommes désormais certains : l’avenir du metal français s’appelle Disconnected. Jusqu'où iront-ils ? Eux seuls le savent...


Disconnected - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Disconnected - Credits Photo : © Darkroom

Disconnected - Credits Photo : © Rock Alternative Show

« Put*** il est pas mort le Francis ? » questionne un jeune homme flanqué de la fameuse mascotte du festival sur l’épaule. Eh bien non, il pète le feu le Francis, ou le Frank plutôt… merci pour lui ! Car tandis que nous assistons à un tennis-ballon improvisé entre Super Mario, Pikachu et le Père Noël, l’effet nostalgie joue à plein sur Zanzibar avec des Pixies qui enchaînent les tubes comme certain(e)s enfilent les perles. Même si les cheveux se font plus rares, l’énergie juvénile est restée intacte et on se plait toujours autant à entendre Frank Black et ses acolytes scander des chansons intemporelles, qui - elles - ne prennent pas une ride. Qu’on se le dise, le bon goût ça ne vieillit pas !

Pixies - Credits Photo : © Darkroom

Pixies - Credits Photo : © Darkroom

Pixies - Credits Photo : © Darkroom

Pixies - Credits Photo : © Darkroom

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire » nous chantait le Michel (Fugain). Voilà un refrain qui sied à merveille à ceux pour lesquels nous quittons précipitamment les Pixies… Au gré des épreuves, les canadiens de Cleopatrick ont tout vécu ensemble et ça se voit sur scène. Venus défendre leur 1er album “BUMMER” sorti l’an passé, les 2 comparses ont mis une raclée à un public des Illuminations pas franchement préparé à la mandale qu’il allait devoir encaisser. Sans doute le meilleur concert de cette édition 2022 jusqu’à présent !

Cleopatrick - Credits Photo : © Rock Alternative Show


Cleopatrick - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Tandis qu'un bagnard lance un clapping général, le rideau tombe sur Zanzibar… « Maman, je vois des gens qui sont morts » s’étonne un jeune garçon près de nous. Les flammes de l’Enfer ? Non. Plutôt le début du concert de Slipknot… « C'est quand même vachement bien » me glisse la jeune femme qui clignote devant moi. On est d’accord… « It’s f***ing good to be back in one of the best countries for live music ». Les fers de lance du nu metal américain sont heureux d’être présents. Ça se voit et ça s’entend. Chant bestial d’outre-tombe, lignes de basse taillées au rasoir, percussions quasi-épileptiques… Ce soir, les « paysans » de l'Iowa ont mis leurs tripes sur scène. Durant leurs 1h45 de set, Corey et ses compères dynamitent, dispersent, ventilent une scène Zanzibar qui jumpe et en redemande.


Slipknot - Credits Photo : © L'Ardennais


Credits Photo : © Rock Alternative Show

Slipknot - Credits Photo : © L'Ardennais

« Chacun sa Mafia, chacun sa Mifa » scandait en son temps le Suprême. Pour achever la soirée, chacun(e) sera prié(e) de choisir son camp : hip-hop déglingué avec Slowthai sur Illuminations, rap futuriste avec Laylow sur Zanzibar, techno indu, puissante et chaloupée avec Paula Temple du côté du Greenfloor ou punk rock post-nihiliste à base de popopopop avec The Armed sur Razorback. Finalement, la tempête attendue n’est pas passée par Charleville. Mais gageons que ce sera pour demain… car ce vendredi au Cabaret Vert est annoncé - entre autres - l’ouragan Frank Carter, accompagné de ses venimeux Rattlesnakes. Vivement demain !

Paula Temple - Credits Photo : © Darkroom

Credits Photo : © Darkroom


Le Cabaret Vert se poursuit ce vendredi au Square Bayard de Charleville-Mézières avec - entre autres - Frank Carter & The Rattlesnakes, Clutch, Frankie & The Witch Fingers, Yard Act, Chester Remington, H.E.R., Orelsan, Meatbodies, ainsi que les derniers arrivés de la Fat White Family, qui remplacent au pied levé Wolf Alice. A suivre...


Manu du R.A.S.

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