Live Report : Festival du Cabaret Vert 2022 / J5 - Dimanche 21 août 2022

Credits Photo : © Darkroom

Dernier lever de rideau pour ce Cabaret Vert 16ème du nom. Un dimanche traditionnellement réservé aux familles où nous assistons régulièrement à la « transhumance » des campeurs regagnant leurs pénates. D’un point de vue artistique, la programmation dominicale concoctée cette année par l’équipe de Julien Sauvage fut diversement accueillie. Les plus jeunes se réjouiront probablement de la présence pour ce dernier jour de rappeurs comme Sopico ou Eddy de Pretto, tandis que les aînés se satisferont de la place accordée à des artistes de la vieille garde française tels que Véronique Sanson ou Gaëtan Roussel. De notre côté, nous avions bien évidemment coché quelques noms sur notre timeline… A commencer par le groupe chargé d’ouvrir les hostilités sur Zanzibar : les américains de Tank & The Bangas.

Credits Photo : © Darkroom

Si nous apprécions beaucoup le dernier disque du combo originaire de la Nouvelle-Orléans, nous ne pouvons que déplorer la volonté de la part de celui-ci de « trop en faire » en superposant les instruments et les effets. Une abondance qui peut nuire à l’expérience d’écoute de prime abord mais qui - une fois assimilée - se « digère » bien. Quoi qu’il en soit, porté par le charisme ultra vivant de sa chanteuse Tarriona Ball, le collectif américain a véritablement cette rare capacité à mélanger différents styles avec un résultat pétri de groove, éblouissant et très singulier. Une expérience inclassable !

Tank & The Bangas - Credits Photo : © Darkroom

Pendant ce temps-là, c’est aux strasbourgeois de Pales que sont confiées les clefs de Razorback. Si nous ne connaissions que peu de choses du groupe alsacien, hormis une reprise du “1049 Gotho” d’IDLES découverte fort opportunément quelques minutes avant le concert grâce à notre ami Valentin, il faut reconnaître que nous avons été saisis par la puissance de leur énergie instinctive et hypnotique. Les 2 guitares s’étripent, la basse martèle notre cage thoracique, la batterie dévale la pente infernale du rythme et au centre de ce grand bain de fièvre, la voix de la chanteuse nous captive et nous envoûte avec des nuances qui n’ont rien à envier aux maîtres du punk anglo-saxon. Une très belle découverte !

Pales - Credits Photo : © Darkroom


Pales - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Si certain(e)s n’ont guère été emballés par la logorrhée incessante de Sopico pour suivre sur Zanzibar, ils ont pu prendre le chemin du Greenfloor pour assister à la prestation du kickeur Benjamin Epps ou tout simplement profiter de l’occasion pour explorer les divers espaces culturels et artistiques mis en place par l’équipe du festival. On ira ainsi causer ciné du côté de l’Idéal, assister à des spectacles d’Arts de Rue au Temps des Freaks, faire signer ses meilleures bulles à l’espace BD, qui propose des dédicaces avec les meilleurs « crayons » du 9ème art, ou encore chiner de belles galettes chez nos amis de la Plaque Tournante, fidèles au poste à l’ombre du Temps des Cerises.

Benjamin Epps - Credits Photo : © Darkroom

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Nos pas nous ramèneront ensuite sur Razorback pour assister à la fin du set du trio franco-américain - c’est décidément une habitude ce dimanche ! - Mojo Sapiens, dont l’humour et la fusion entre blues, hip-hop et rock nous charmeront. Razorback qui, après un bref moment passé devant Femi Kuti sur Illuminations, sera de nouveau à la fête avec l’un des groupes que nous attendions le plus sur cette édition : Parlor Snakes.

Mojo Sapiens - Credits Photo : © Darkroom

Mojo Sapiens - Credits Photo : © Darkroom

Parlor Snakes - Credits Photo : © Darkroom


Parlor Snakes - Credits Photo : © Darkroom

Le duo - mué en quatuor sur scène - a un pied de chaque côté de l’Atlantique. Partagés entre la France et les Etats-Unis, il libère un rock noir et ciselé où se télescopent garage, blues et influences psyché. Le mariage aristo entre l’ambiance nerveuse et saturée des rues new-yorkaises chères au guitariste Peter K. et des envolées planantes de la charismatique Eugénie Alquezar. Jouant sur le côté hypnotique de ses morceaux, Parlor Snakes nous a délivré un set splendide dont la puissance rejaillit de la dualité entre guitares brûlantes et clavier froid. Nous regretterons simplement que, du fait du chevauchement total avec la prestation de Gaëtan Roussel, Eugénie, Peter et leurs compères n’aient pu bénéficier d’une assistance à la hauteur de leur réel talent.

Parlor Snakes - Credits Photo : © Rock Alternative Show


Parlor Snakes - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Après avoir effectué un passage au stand des « croûtes ardennaises » et sacrifié au rituel de la fameuse cacasse à cul nu, nous reprenons position du côté de Razorback, préférant esquiver le concert d’une Véronique Sanson qui a fait le plein du côté de Zanzibar, afin de profiter d’une clôture en apothéose en compagnie des lyonnais de Johnnie Carwash. Très attendu car hautement recommandé par nos amis de Bandit Bandit, le trio lyonnais s’est montré à la hauteur de son excellente réputation. Porté par la voix de la chanteuse/guitariste Manon - qui nous rappelle un peu celle des Breeders - ainsi que par un batteur qui est au four et au moulin, Johnnie Carwash a su nous régaler avec son punk rock rigolard et bondissant. Une clôture majestueuse par un groupe dont l’avenir ne s’annonce pas moins radieux. Un nouveau groupe français de très, très grand talent !

Johnnie Carwash - Credits Photo : © Darkroom


Alors que les derniers flâneurs s’attardent du côté de la boutique pour ramener un souvenir à Mamie Huguette ou Tata Geneviève, c’est à Eddy de Pretto qu’échoit la lourde tâche de conclure cette édition 2022 sur les Illuminations. Si le chanteur/rappeur porte-voix des exclus a blindé la plaine de la Macérienne, il ne nous aura guère convaincu. Mais ce dimanche, l’essentiel était ailleurs…

Au moment de dresser le bilan de ce 1er Cabaret Vert post-COVID, nous constatons que tous les voyants sont au vert et que cette édition se conclut sur un résultat moral et artistique des plus satisfaisants, notamment au niveau des bénévoles, qui sont de plus en plus nombreux à enfiler la chasuble pour améliorer l’expérience des festivaliers. Et que dire des agents de sécurité, qui œuvrent dans l’ombre pour la tranquillité de tous et qui furent fortement sollicités cette semaine, particulièrement lors des concerts de Frank Carter & The Rattlesnakes, Liam Gallagher et Slipknot... Chapeau Mesdames/Messieurs, vous êtes au top ! Nous regretterons tout de même la polémique largement évitable liée aux prises de positions antisémites du rappeur Freeze Corleone dans ses textes, celui-ci s’étant vu proposer de remplacer au pied levé SCH. Mais - une nouvelle fois - cette semaine à Charleville-Mézières, l’essentiel était ailleurs…

Credits Photo : © Darkroom

« Life ain’t always empty » - « La vie n’est pas toujours vide » - déclamait hier sur Zanzibar le chanteur de Fontaines D.C., Grian Chatten. Grâce à toute son équipe, le Cabaret Vert nous permet de prolonger un peu les vacances, illumine nos fins d'été et met des paillettes dans notre vie depuis 16 ans. Et cela semble parti pour durer vu le record de 125.000 « sanglichons » en 5 jours établi cette année, sans compter le cap symbolique du millionième festivalier franchi. En ces temps troublés, on ne saurait dire combien c'est précieux et essentiel… Alors, merci beaucoup et cette fois, on n'attend pas 3 ans pour remettre cela !

Credits Photo : © Darkroom

Credits Photo : © Darkroom

Credits Photo : © Darkroom

A titre personnel, je souhaite remercier le staff du festival pour son soutien, notamment les attaché(e)s de presse qui nous ont permis de couvrir l'événement dans les meilleures conditions possibles. Merci à tous... et à l'année prochaine !


Manu du R.A.S.

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