Trois ans après une édition 2019 record, nous voici de retour dans le pays d’Arthur pour l’un des principaux événements de la saison culturelle : le Cabaret Vert. Un festival régulièrement placé sous le signe de l’avant-garde et de la découverte… Et il s’en rappellera à notre bon souvenir dès les premières notes où le rock n’ soul du Floridien Q. ne manquera pas de désarçonner un public déjà nombreux et de faire briller les Illuminations.
Une demoiselle flanquée d’une pancarte prend position à mes côtés. Écrit en lettres d’or : « Noah, I Love You ». Pas Yannick - dont on fêtera les 40 ans de la victoire à « Roland » l’an prochain - mais bien (Noah) Hill, le bassiste du groupe australien Parcels, qui fera guincher Zanzibar avec son électro-disco ensoleillé. « C’est grave stylé ! » me susurre mon voisin de gauche. Pas mieux.
Pendant ce temps, le rappeur Youv Dee nous rappelle que de Charleville à Sarcelles, il n’y a qu’un pas (ou un pont), qu’il a franchi pour l’ouverture de la cage aux fauves Razorback. De Razorback à Zanzibar, nous faisons escale sur Illuminations pour le mystère Wet Leg. Le duo féminin - devenu quintet pour l’occasion - est-il extraordinairement talentueux ou est-il simplement porté par une hype sans précédent ces dernières années dans le monde du rock? Difficile de trancher…
Tandis que le V (comme Vald) éparpille Zanzibar façon puzzle avec son rap horrifique et décalé, nous préférons nous sustenter. « Ils sont en train de tuer le veau ou quoi ? » se demande notre voisine de droite, attendant - plus ou moins - patiemment son kebab. Car en Ardenne, il n’y a pas que le burger au sanglier et la cacasse à cul nu dans la vie… « On a aussi des glaces » suggère la charmante bénévole au stand restauration. Voilà qui pourrait nous servir après le set des londoniens de Wu-Lu, dont le son & le flow aux confins du hip-hop et du noise déchausse les dents et tabasse autant qu'un crochet de Mike Tyson.
Le Cab’, un festival écolo et engagé. Rien ne s’y perd, tout se recycle. La toile cirée empruntée un peu plus tôt au poste de secours se retrouve sur le dos de la diva norvégienne Aurora, qui a hypnotisé minettes et boomers sur Illuminations, tandis que Sydney (Minsky-Sargeant) se la joue Ian (Curtis) et nous montre à grands coups de post-punk viscéral et furieux que malgré la crise, la Classe Ouvrière britannique a encore de beaux jours devant elle.
« Put*** que ça fait du bien de pouvoir sortir et de revenir au Cabaret » nous glisse un dénommé Philippe. On ne peut qu’abonder en ton sens Philou, ça fait plaisir ! Alors, on danse… avec Stromae, qui - venu en voisin - clôture cette 1ère journée du Cabaret Vert 2022 avec l’art, la manière et la chorégraphie. Champagne et spotlights… Les derniers fêtards s’enjailleront jusque tard au son du producteur et beatmaker franco-américain Marc Rebillet, histoire de prolonger le plaisir, car pour le 1er mercredi de son histoire, ce soir au Cabaret Vert, c'était…Ta Fête !
Le Cabaret Vert se poursuit ce jeudi au Square Bayard de Charleville-Mézières avec - entre autres - Slipknot, Ty Segall & The Freedom Band, Cleopatrick, les Pixies, Disconnected, Uncomfortable Knowledge, Vlure, The Armed ou encore Protogonos. A suivre...
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