Sorti un... 16 Mai : "Piece of Mind" de Iron Maiden (1983, EMI / Capitol Records)

Credits Photo : © Maiden Revelations

En 1982, le quintet britannique Iron Maiden était l'un des groupes de heavy metal les plus prometteurs. Ils avaient déjà sorti 2 albums à succès - “Iron Maiden” en 1980 et “Killers” en 1981 - et s'apprêtaient à sortir leur 3ème effort, “The Number of The Beast”, avec leur nouveau chanteur Bruce Dickinson. Même le groupe ne s'attendait pas à un tel succès, l’album atteignant la première place des charts au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays.

Avec la sortie de “The Number of The Beast”, Iron Maiden gagne en popularité, effectuant sa 1ère tournée mondiale en tête d'affiche. Contrairement à la majorité des groupes de la New Wave Of British Heavy Metal, la Vierge de Fer jouit d'un immense succès, qui grandit d'album en album. Conscients de la difficulté de produire un successeur à la hauteur de “The Number of The Beast”, Steve Harris et ses acolytes étaient toutefois prêts à relever le défi et, après avoir remplacé le batteur Clive Burr par l'incroyable Nicko McBrain, sont entrés dans un pub bahaméen reconverti en studio pour enregistrer leur 4ème album, “Piece of Mind”, publié le 16 mai 1983.

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A l’écoute de ce 4ème effort, il devient évident que sa principale révélation est que la machine Iron Maiden fonctionne à merveille. En effet, “Piece of Mind” peut aisément être considéré comme la meilleure production de Martin Birch durant les années 1980. Le disque jouit d’un son exceptionnel, fruit de nombreuses sessions en studio, avec une pochette iconique devenue mythique. C'est aussi l’un de ces albums qui vieillit bien, quelle que soit votre expérience du heavy metal.

L'album s'ouvre sur l’ouverture puissante et complexe “Where Eagles Dare”, sur laquelle le nouveau batteur Nicko McBrain - transfuge de Trust - fait forte impression avec son introduction brillante, son jeu énergique et sa maîtrise technique hors du commun. Son jeu de batterie fantastique est sans conteste le point fort de la chanson. La voix de Bruce Dickinson est également excellente, ainsi que les guitares mélodiques et les riffs staccato, qui nous proposent une musique parfaitement exécutée. La chanson suivante, “Revelations”, est la première contribution de Bruce Dickinson à Iron Maiden et deviendra un classique du groupe à part entière. Morceau plus lent, “Revelations” séduit par son tempo constant et la voix de Bruce, qui occupe une place prépondérante.

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Étant l'album le plus populaire du groupe à l'époque, “Piece of Mind” a évidemment engendré plusieurs singles à succès. Le premier des deux était “Flight of Icarus”. Bien que plus lent, ce titre conserve un son très lourd pour Iron Maiden, malgré des guitares un peu en retrait par rapport à la basse de Steve Harris et au chant de Bruce Dickinson. En effet, le jeu de guitare y est très simple, et s'interrompt même par instants pendant les couplets. Cependant, la voix de Bruce Dickinson parvient à captiver l'auditeur à elle seule. Fruit d'un véritable travail d'équipe, “Flight of Icarus” est un bijou qui brille de plus en plus à chaque écoute, et qui accèdera naturellement au statut de classique grâce à son refrain mémorable et à la remarquable mise en scène du mythe d'Icare et de ses ailes de cire fondues par le soleil.


Juste derrière, “Die With Your Boots On” bouleverse l'atmosphère de l'album. S’il n'est pas le morceau le plus rapide du répertoire de la Vierge de Fer, il donne toutefois le ton pour la suite avec son côté entraînant et son refrain énergique qui conclut parfaitement l'ensemble. Vient ensuite, sans conteste, le moment iconique de cet album colossal. Il y a des morceaux qui vous prennent aux tripes, dont les mélodies sont capables de vous tirer de votre léthargie et de vous transporter dans un monde à part. “The Trooper”, point culminant de l'album, est de cette trempe. Le chant poignant de Bruce Dickinson est fantastique, de même que le jeu de batterie de Nicko McBrain, qui maintient un rythme soutenu tout au long du morceau. Et que dire des lignes de basse de Steve Harris, qui sont parfaitement audibles pendant le galop, si ce n’est qu’elles apportent une nouvelle dimension à cette chanson. “The Trooper” est sans aucun doute l'un des plus grands hymnes metal de tous les temps, grâce à ses riffs mitrailleux et sa ligne de basse galopante qui évoque parfaitement le cortège des guerriers.


Le morceau suivant “Still Life” s'ouvre sur un bref message à l'envers de Nicko McBrain, un peu comme s’il était ivre en fin de soirée. Le début du morceau est marqué par des guitares douces et le chant feutré de Bruce. Le morceau explose ensuite avec le chant de Dickinson et les instruments, qui accélèrent le tempo pour proposer un son plus lourd et des soli excellents, notamment de Dave Murray. Morceau étrangement oublié, “Still Life” est un véritable joyau de l'époque, et peut-être l'un des meilleurs morceaux de la Vierge de Fer.


La chanson suivante, “Sun And Steel”, est un morceau un peu plus léger et joyeux que le reste de l'album. Le refrain est mémorable et donne irrésistiblement envie de chanter. Cependant, les paroles manquent de variété. Bruce semble en panne d'inspiration et, hormis ses riffs entraînants, ce titre est probablement le moins réussi de l'album. Le disque se conclut ensuite par un morceau épique, “To Tame A Land”, qui s'inspire du roman de science-fiction de Frank Herbert, “Dune”. Ses paroles font directement référence à cette histoire et les riffs aux sonorités espagnoles dominent la chanson et culminent dans le couplet final, empreint d'une dimension épique. Après les dernières paroles prononcées par Bruce Dickinson, le groupe se lance dans une longue section instrumentale mélodique, mise en valeur par les soli d’Adrian Smith et Dave Murray. Difficile d'imaginer une meilleure façon de conclure...

« Un chef-d'œuvre au firmament du metal des années 1980 qui a ouvert la voie à bien d’autres groupes »

Moins percussif, moins rentre-dedans, “Piece of Mind” n’est certes pas l’album parfait mais n'en est pas moins un album très abouti. Comportant moins de hits évidents et un côté un peu plus posé, antinomique avec la définition du métal en 1983, “Piece of Mind” remporte pourtant un franc succès à sa sortie. Il constitue surtout la meilleure réponse à “The Number of The Beast” : en évitant la redite, cet excellent disque fait office de laboratoire, étoffant la bibliothèque du groupe d'une littérature moins accessible mais plus variée. Un acte fondateur pour le groupe, qui pourra par la suite sortir ses meilleurs crus, parmi lesquels “Powerslave” l’année suivante.

Eddie, la mascotte d'Iron Maiden, aurait dû moins faire le malin par le passé car la pochette de “Piece of Mind” le voit enchaîné dans une cellule capitonnée, privé de sa liberté, au contraire des membres du groupe, qui rayonnent en toute liberté. Car “Piece of Mind” c’est 9 titres et 46 minutes de heavy metal sublime, une palette vocale inépuisable et des mélodies harmonieuses et énergiques sublimées par des riffs venus d'outre-tombe. Ce chef-d'œuvre a propulsé la Vierge de Fer au firmament du metal des années 1980 et a ouvert la voie à bien d’autres groupes. Écouter ce disque plus de 40 ans après est la preuve irréfutable de son intemporalité et de sa grande richesse technique et compositionnelle. Oeuvre fondamentale de l’histoire du metal, “Piece of Mind” est un album incontournable, qui nous prouve que le metal est toujours bien vivant dans sa forme la plus pure.


“Piece of Mind” d’Iron Maiden, LP 9 titres sorti le 16 mai 1983 chez EMI / Capitol Records

Tracklist :

1. Where Eagles Dare (6:12)

2. Revelations (6:49)

3. Flight of Icarus (3:50)

4. Die With Your Boots On (5:27)

5. The Trooper (4:12)

6. Still Life (4:57)

7. Quest For Fire (3:42)

8. Sun And Steel (3:27)

9. To Tame a Land (7:28)




Credits Photo : © Maiden Revelations

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Bibliographie : Maiden Revelations, Hard Force & The Metal Crypt


Manu, pour le R.A.S.

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