Live Report : Festival du Cabaret Vert / J4 - Dimanche 20 Août 2023

Credits Photo : © DarkRoom

Dernier lever de rideau pour ce Cabaret Vert 17ème du nom. Un dimanche traditionnellement réservé aux familles où nous assistons régulièrement à la « transhumance » des campeurs regagnant leurs pénates. Cet aspect est particulièrement marqué cette année où nous constatons un changement radical de public en 24h. Hier, il flottait sur le square Bayard comme un petit air de Hellfest. Aujourd’hui, on se croirait plutôt à Coachella entre les petits bourges en chemise au crocodile venus pour Juliette Armanet et Pierre de Maere, et les ados prépubères fans de Soolking et Caballero & Jeanjass.

D’un point de vue artistique, la programmation dominicale concoctée cette année par l’équipe de Julien Sauvage fut diversement accueillie. Les plus jeunes se réjouiront probablement de la présence d’artistes dont la hype est grandissante, tandis que les amateurs de musique rugueuse se satisferont de la place accordée à des groupes estampillés « rock », tels que Thumpasaurus, Red Rocket 7, Death Valley Girls ou The Psychotic Monks. De notre côté, nous avions bien évidemment coché ces noms sur notre timeline…

Credits Photo : © DarkRoom

En ce dimanche, comme l’année passée, notre journée sera quasi-exclusivement rythmée par la programmation sur Razorback. On attaque fort et on compte sur les locaux de l’étape, les carolomacériens de Red Rocket 7, pour nous rafraîchir en cette ultime journée (très) chaude et ensoleillée. Avec leurs influences convoquant aussi bien The Seeds que White Fence ou The Standells, leurs murs de fuzz et leur science de la reverb, les enfants du pays nous entraînent dans les contrées les plus reculées et sombres de la planète garage, surf et psychédélique. Un véritable régal !

Red Rocket 7 - Credits Photo : © DarkRoom

Pendant ce temps-là, tandis que les plus jeunes inaugureront Zanzibar avec le rap sans grande originalité de Soolking, les californiens de Thumpasaurus font littéralement changer de dimension le public des Illuminations avec leur rock au groove et aux harmonies inspirantes. Le quintet américain parvient à surprendre et à enthousiasmer avec son mélange stylistique, qui nous rappelle que de funk à punk, il n’y a qu’une lettre d’écart. Chacun(e) sa route, chacun son chemin…

Thumpasaurus - Credits Photo : © DarkRoom

Voilà qui ne saurait être plus juste au moment de choisir entre la pop inclassable de Pierre de Maere sur Illuminations, sorte de mariage illégitime de Stromae, Rufus Wainwright et de la pop 80’s, la berline hip-hop rutilante de Rim’K sur la Greenfloor et le punk sensuel des californiennes de Death Valley Girls sur Razorback. Malgré la chaleur accablante, les demoiselles venues défendre leur dernier album “Islands in The Sky” nous ont envoûté avec un set de très grande facture, qui nous a ramené aux grandes heures du CBGB’s. Une nouvelle fois, le charme du quatuor a opéré auprès d’un public venu en nombre.

Rim'K - Credits Photo : © DarkRoom

Death Valley Girls - Credits Photo : © DarkRoom


Après un petit détour par Zanzibar où le R&B gorgé de soul chaleureuse et traversé de fêlures blues de Selah Sue a galvanisé l’assistance avec son énergie explosive, nous découvrons le punk percutant des britanniques de Kid Kapichi. Littéralement déchaînés, Ben Beetham, Eddie Lewis, Jack Wilson et George Macdonald ont délivré une prestation énergisante et enthousiasmante devant un public médusé par la décharge d’adrénaline qui venait de lui être injectée.

Kid Kapichi - Credits Photo : © DarkRoom


Si l’essentiel des festivalier(e)s du jour ira ensuite profiter du show visuel très abouti de Juliette Armanet sur Zanzibar, d’autres en profiteront pour explorer les divers espaces culturels et artistiques mis en place par l’équipe du festival. On ira ainsi causer ciné du côté de l’Idéal, assister à des spectacles d’Arts de Rue au Temps des Freaks, faire signer ses meilleures bulles à l’espace BD, qui propose des dédicaces avec les meilleurs « crayons » du 9ème art, ou encore chiner de belles galettes chez nos amis de la Plaque Tournante, désormais installés dans un espace plus grand du côté de la boutique.

Juliette Armanet - Credits Photo : © DarkRoom

Juliette Armanet - Credits Photo : © DarkRoom

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Credits Photo : © DarkRoom

Tandis que Caballero et Jeanjass amusent les kids sur Illuminations, nos pas nous ramènent tout naturellement sur Razorback pour assister à la clôture de cette 17ème édition. Dans un univers souvent clinique, où bruits et sons se mêlent à la façon d'un alliage entre organisme et artifice, les Psychotic Monks fascinent autant qu’ils bousculent la sphère indé. Quand bien même leur son est ouvertement brut, direct, massif, abrasif et sans concession, le public suit avec enthousiasme.

Durant leur set d’une petite heure, les Audoniens nous ont convoqué à une véritable épopée sonique et ont plié le game. La musique des Moines Psychotiques est libre, noise, dansante, sincère, précise, virtuose et chirurgicale. C'est une expérience sensorielle fantastique. Bref, c’est de l'Art. Si vous aviez encore un semblant de doute, ne cherchez plus. Vous avez à faire au meilleur groupe de live actuel tout simplement !

Nous avons eu la chance de les rencontrer juste avant ce set incroyable. Une interview à retrouver ici : Interview The Psychotic Monks

The Psychotic Monks - Credits Photo : © Rock Alternative Show

The Psychotic Monks - Credits Photo : © Rock Alternative Show


The Psychotic Monks - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Alors que les derniers flâneurs s’attardent du côté de la boutique pour ramener un souvenir, les bénévoles sans qui rien ne serait possible s’activent pour évacuer le site et commencer le travail le plus ingrat : le rangement et le démontage. Au moment de dresser le bilan de cette 17ème édition du Cabaret Vert, nous constatons que le bilan moral et artistique est des plus satisfaisants, même si l’aspect financier risque d’être beaucoup plus délicat, du fait des aménagements requis pour que le festival puisse se tenir en toute sécurité, compte tenu des conditions météo annoncées initialement sur Charleville-Mézières ce week-end. Et il faut reconnaître que ce que nous appellerons « l’affaire Lomepal », le rappeur étant mis en cause dans une affaire de viol et d’agression sexuelle, et son remplacement au pied levé par les Black Eyed Peas n’a guère fait de bien aux finances déjà chancelantes de l’un des plus beaux festivals français.

Credits Photo : © DarkRoom

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Gageons toutefois que Julien Sauvage et son équipe sauront faire preuve d’inventivité, tant dans le format que le réaménagement du site, et parviendront à franchir cet obstacle avec le soutien de leurs fidèles partenaires. En tout cas, nous l’espérons car grâce à toute son équipe et à une programmation de haut niveau telle que le punk rock frénétique d’Amyl And The Sniffers, les guitares rugissantes de Turnstile, le noise rock avant-gardiste de DITZ, le punk aux expérimentations free jazz de Viagra Boys ou le post-punk sculptural de Gilla Band, chaque année le Cabaret Vert nous permet de prolonger un peu les vacances, illumine nos fins d'été et met des paillettes dans notre vie depuis 17 ans. Pourvu que cela dure encore longtemps…

Credits Photo : © DarkRoom

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Credits Photo : © DarkRoom

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A titre personnel, je souhaiterais remercier de tout cœur les attachés de presse du festival pour leur confiance, leur soutien et leur bienveillance. Nous espérons pouvoir couvrir l’événement en 2024. En attendant, merci infiniment !


NB : N’ayant pas encore terminé le traitement des photos du festival, les photos de ce report sont susceptibles d’évoluer prochainement.


Manu, pour le R.A.S.

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