Live Report : Festival du Cabaret Vert / J3 - Samedi 19 Août 2023

Credits Photo : © DarkRoom

Déjà notre 3ème journée dans cette édition 2023 du Cabaret Vert… Ce matin, pas besoin de se faire prier pour sortir du lit vu le programme XXL qui nous attend. A pied d'œuvre dès l’ouverture, la pluie nous accueille dès notre arrivée. Peut-être est-ce dû au garage rock psychédélique des parisiano-rémois de The Drama Kings, qui nous touche en plein cœur et fait pleurer les enceintes de Razorback avec ses nappes de fuzz du plus bel effet.

Une fois cet écueil passé, nous nous dirigeons vers Zanzibar où l’un des fleurons du hard rock australien cher à AC/DC nous attend : Wolfmother. Né des amours illégitimes des frères Young avec Silverchair, l’héritage musical d’Andrew Stockdale et ses comparses lorgne plutôt du côté de Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple ou des Kinks. Le set orchestré autour du 1er album emblématique du groupe est bien rodé, presque un peu trop. Pourtant, dès les premières notes du tube incontournable “Woman”, la magie opère : ça s’agite dans la foule, ça danse, ça pogote et les slams commencent ! Le ton est donné et l’énergie ne redescendra plus !

Wolfmother - Credits Photo : © Rock Alternative Show


Wolfmother - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Deux scènes, deux ambiances pour suivre. Punk rock féminin bien vénère chez Lambrini Girls, qui ne manqueront pas de faire vibrer toutes les « pétasses » de Razorback ou blues rock agricole chez The Inspector Cluzo sur Illuminations. Les 2 rockfarmers landais Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain arrivent sur scène en saluant le public à la manière de la course landaise et envoient du pâté (de sanglier ou d'oie, au choix). Le ton est donné dès l’intro : le set sera rock. Brut, sauvage, primal, entier. Seulement deux en scène, pourtant on croirait entendre un groupe complet entre grunge, blues et hard rock. Mathieu martèle frénétiquement ses fûts, tandis que Laurent occupe tout l’espace sonore. On pourrait croire qu’ils sont nombreux mais l’accordage en open tuning permet à Laurent d’avoir davantage d’ampleur et de sonner comme plusieurs.

Lambrini Girls - Credits Photo : © DarkRoom

The Inspector Cluzo - Credits Photo : © Rock Alternative Show


Les titres du nouvel album se succèdent pour notre plus grand bonheur, seulement entrecoupés par la reprise du célèbre “Hey Hey My My” de Neil Young. Concluant le set par une chanson en hommage « à la bite d’Iggy Pop »,  ainsi que par le rock brut de ses débuts avec le final apocalyptique de “Put Your Hands Up”, ce show nous a prouvé une nouvelle fois que le rock n’est pas mort. Avec cette débauche d’énergie et de rage, The Inspector Cluzo a véritablement retourné le Cabaret Vert. « Ils ont été immenses » résume laconiquement notre voisin de gauche. Difficile de faire plus clair et plus précis. Pas mieux !

The Inspector Cluzo - Credits Photo : © Rock Alternative Show

The Inspector Cluzo - Credits Photo : © Rock Alternative Show


The Inspector Cluzo - Credits Photo : © Rock Alternative Show

The Inspector Cluzo - Credits Photo : © Rock Alternative Show

Préférant laisser les fans de Dinos et de Skip The Use s’écharper pour la barrière, nous rejoignons Zanzibar afin de redécouvrir le bright metal de Rise of The Northstar, sorte de fusion entre metal moderne, musique urbaine et pop culture japonisante. Tandis que Kennyhoopla distille son pop punk efficace au public de Razorback, d’autres seront tentés d’aller assister au saccage en règle de la Greenfloor par le punk rap de Train Fantôme. Aux frontières du punk, du metal, du hardcore et du rap new wave, le collectif français a véritablement fait sensation avec un concert survolté.

Rise of The Northstar - Credits Photo : © DarkRoom

Train Fantôme - Credits Photo : © DarkRoom

Pendant ce temps, pour celles & ceux resté(e)s sur Zanzibar, il y a comme un parfum de Saint Patrick dans l’air… avec le punk celtique des américains de Dropkick Murphys. La diversité de timbres des nombreux instruments est parfaitement mixée pour un son d’excellente facture laissant entendre toutes les subtilités instrumentales et cela met très bien en valeur des chansons intemporelles destinées à être braillées à tue-tête à la fermeture des pubs ou dans des stades pleins à craquer. Délivrant au nombreux public un set généreux et plein d’énergie, les vétérans du Massachusetts nous ont confirmé qu’il n’était pas question pour eux de se mettre au vert. Comme le dirait un ami, « question Irlande, Dropkick Murphys c’est quand même autre chose que “Les Lacs du Connemara” »…

Dropkick Murphys - Credits Photo : © DarkRoom

Dropkick Murphys - Credits Photo : © DarkRoom

Dropkick Murphys - Credits Photo : © DarkRoom

Alors que le duo de rappeurs les plus rock de l’Hexagone Lithium a semble-t-il blindé Razorback, Enhancer nous propose de revivre notre adolescence sur Illuminations. Entre metal survolté et hip hop abrasif, le fleuron du rapcore français nous a livré une prestation de très haut vol, nous rappelant que c’est avec les vieux rappeurs que l’on fait le meilleur néo-metal. C’est sans surprise que nous retrouverons ensuite Zanzibar pour enchaîner avec le retour des américains de Cypress Hill, 4 ans après le dernier passage de B-Real au Square Bayard avec les Prophets of Rage. Venus défendre leur nouvel album “Back in Black”, les légendes du gangsta rap nous replongent dans notre adolescence le temps d’un set magnifique. Ce samedi soir au Cabaret Vert, j’avais de nouveau 14 ans.

Enhancer - Credits Photo : © Rock Alternative Show


Cypress Hill - Credits Photo : © DarkRoom

Credits Photo : © Rock Alternative Show

Arrive ensuite le moment tant attendu par les metalleux qui ont investi en nombre le festival ce jour : le diptyque Sleep Token / LANDMVRKS. Si les premiers ont épaté un public des Illuminations tout acquis à leur cause, le laissant dans un mélange de stupeur et de satisfaction pour le reste de la soirée, les marseillais de LANDMVRKS ont, quant à eux, achevé les furieux de Razorback avec leur metalcore puissant, énergique, aérien et pétri de groove.

Sleep Token - Credits Photo : © DarkRoom

Sleep Token - Credits Photo : © DarkRoom

LANDMVRKS - Credits Photo : © DarkRoom

Pour conclure cette soirée impeccable, ce sont de vieilles connaissances qui clôturent sur Zanzibar : les lillois de Skip The Use. Si nous ne goûtons que peu aux morceaux récents du groupe, il faut reconnaître que l’énergie et la conviction mis par Matt Bastard et ses compères emportent l’adhésion sans trop de difficultés, les morceaux iconiques - tels de “Ghost” ou “Bastard Song” - étant toujours aussi efficaces et agréables à entendre et à fredonner. Cette soirée s’achèvera au son de la reprise du cultissime “Killing in The Name” à 8 voix, les membres d’Enhancer et Train Fantôme ayant été invités par Matt pour l’occasion.

Skip The Use - Credits Photo : © L'Ardennais


Nous regagnons nos pénates harassés par ce programme très copieux, mais pas résignés. Puisque demain, dernier jour de cette édition 2023, sont annoncés à la Plaine de la Macérienne : Kid Kapichi, Thumpasaurus, Red Rocket 7, les Death Valley Girls et rien de moins que le meilleur groupe français de live actuel, les Psychotic Monks. Et rien que pour cela, on a hâte de se lever… Et je coupe le son… pour mieux le remettre demain !

Credits Photo : © DarkRoom

Credits Photo : © DarkRoom

Credits Photo : © DarkRoom



Manu, pour le R.A.S.

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