Live Report : Festival du Cabaret Vert / J4 - Dimanche 18 Août 2024

Credits Photo : © T. Gérard pour DarkRoom

Dernier lever de rideau pour ce Cabaret Vert 18ème édition. Un dimanche traditionnellement réservé aux familles mais que les organisateurs ont intelligemment décidé de mettre à profit cette année pour proposer une programmation bien plus ambitieuse qu’à l’accoutumée, et nous ne pouvons que nous en féliciter.

En effet, de mémoire de fidèles du festival ardennais, jamais une programmation dominicale n’aura autant soulevé l’enthousiasme. Les plus jeunes se réjouiront probablement de la présence d’artistes dont la hype est grandissante, comme Xavier Rudd ou l’ex-One Direction Louis Tomlinson, tandis que les amateurs de musique rugueuse se régaleront des prestations de groupes connus et reconnus, tels que Shaka Ponk, Hotwax, Mass Hysteria et bien sûr Korn. De notre côté, nous avions bien évidemment coché ces noms sur notre timeline…

Credits Photo : © T. Gérard pour DarkRoom

Une fois n’est pas coutume, en ce dimanche, notre journée sera exclusivement rythmée par la programmation des 2 scènes principales : Illuminations et Zanzibar. On attaque fort avec les londoniennes de Nova Twins, qui réchauffent les cœurs et les corps du public de Zanzibar avec une performance énergique dopée aux riffs et aux lignes de basses lourdes. Cognant le punk avec le hip-hop, la basse grondante de Georgia South et le chant acéré d’Amy Love possèdent cette lourdeur déconcertante et démontrent bien leur côté anticonformiste et leur volonté de faire exploser les étiquettes de la production musicale. Et en plus, leur énergie est contagieuse et le public est véritablement secoué et conquis !

Nova Twins - Credits Photo : © Florent Mayolet pour DarkRoom

Nova Twins - Credits Photo : © Florent Mayolet pour DarkRoom

Pendant que les uns sacrifieront au rituel de la sieste à l’ombre des arbres et que d’autres partiront à la recherche de leur adolescence perdue avec Louis Tomlinson sur Zanzibar, nous choisissons d’aller à la découverte des américaines de Say She She sur Illuminations. Porté par les voix féminines fortes de Piya Malik, Sabrina Mileo Cunningham et Nya Gazelle Brown à l’épicentre d’un groupe de 7 musiciens, cet ensemble parviendra à nous transporter avec ses harmonies rêveuses et ses rythmes endiablés. Durant tout le set, nous n’avons eu de cesse de nous trépigner avec ces 3 déesses de la nouvelle scène soul. Leur post-disco singulier prouve que Say She She est un groupe « étonnamment inventif » à suivre et qui comptera dans les prochaines années.

Louis Tomlinson - Credits Photo : © Florent Mayolet pour DarkRoom

Say She She - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Say She She - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Vient ensuite le retour que beaucoup attendaient dans l’assistance : celui de Mass Hysteria qui, après sa programmation lors de la toute 1ère édition en 2005 et son passage en 2016, vient faire la passe de 3 ce dimanche. Et 1, et 2, et 3… vous connaissez la chanson. Comme le relève si justement Mouss dès les premiers instants du concert, le Cabaret Vert ne serait rien sans toutes ses fourmis qui œuvrent en coulisses pour la pleine réussite de l’événement. Je veux bien sûr parler des bénévoles et du personnel de sécurité. Un grand bravo - et merci - à elles/eux !

Mass Hysteria - Credits Photo : © M. Tchakmakdjian pour DarkRoom

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Devant un public déchaîné que rien n’effraie, ni la boue ni les mouvements de foule, les 5 furieux de Mass Hysteria enchaînent les tubes à vitesse grand V pour le plus grand plaisir d’une assistance qui éructe de plaisir à chaque prise en parole de Mouss et qui remet au goût du jour une danse traditionnelle française parfois oubliée sur nos festivals : le pogo. Et là encore, il y a du niveau car rarement on aura été aussi secoués dans les premiers rangs de la fosse. On avait le sentiment d’être embarqués dans les fouets d’un batteur électrique ou dans le moteur d’une machine à laver en plein essorage. C’est physique mais, là encore, c’est fait avec beaucoup de bienveillance, de respect et toujours le sourire. Qu’on se le dise, les métalleux sont une grande et belle famille. Rarement ce terme de famille n’aura pris autant de sens que ce dimanche car Mouss invite la jeune génération présente à les rejoindre sur scène pour conclure le set par un “Plus que du Metal” d’une intensité folle.

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Ce soir, Mass Hysteria a livré une prestation d’anthologie et a bien rendu à ses « faiseurs de rêves » tout l’amour reçu au fil des 30 ans de carrière du groupe. Comme l’avait annoncé Raphaël, le batteur qui revenait sur ses terres le temps d’un concert, ça a bien été la guerre. A l’issue d’un tel moment de bonheur, d’une telle catharsis, on ne peut être que positifs à bloc !

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Mass Hysteria - Credits Photo : © Manu pour Rock Alternative Show & Stone Rock Radio

Lessivés par un tel moment, certain(e)s festivalier(e)s iront ensuite récupérer et en profiteront pour explorer les divers espaces culturels et artistiques mis en place par l’équipe du festival. On ira ainsi causer ciné du côté de l’Idéal, assister à des spectacles d’Arts de Rue au Temps des Freaks, faire signer ses meilleures bulles à l’espace BD, qui propose des dédicaces avec les meilleurs « crayons » du 9ème art, ou encore chiner de belles galettes chez nos amis de la Plaque Tournante.

Credits Photo : © R. Chanteloup pour DarkRoom

Credits Photo : © T. Gérard pour DarkRoom

De notre côté, nous prenons le parti d’aller jeter un œil à la tournée d’adieu de Shaka Ponk. S’il convient de saluer la majesté visuelle de l’entreprise, nous resterons plus mesuré sur la qualité du set. Si Samaha, Ion, Steve, CC, Mandris et Frah ont astucieusement alterné titres récents et morceaux iconiques du répertoire du groupe d’électro rock, encore faut-il pouvoir entendre les morceaux… En effet, les breaks semblent interminables, Frah se lançant dans de grands discours sur la politique. Ces prises de position seront d’ailleurs appuyées par une caricature d’Emmanuel Macron en vampire projetée sur l’immense écran géant en fond de scène. Clairement hors de propos et pas forcément opportun ! Si on ne peut douter de la sincérité de l’engagement écologique du groupe, celui-ci devrait rester uniquement sur le terrain musical le temps d’achever sa tournée d’adieu. Il y aura bien d’autres combats à mener par la suite…

Shaka Ponk - Credits Photo : © Florent Mayolet pour DarkRoom

Tandis que les plus jeunes préfèreront achever cette édition en se déhanchant au son de Joy (Anonymous) sur la Greenfloor, Zanzibar se gonfle de testostérone pour accueillir de vieilles connaissances, les headliners de la journée à qui il incombe d’envoyer tout le monde au lit : les américains de Korn.

Voilà plus de 30 ans que le groupe arpente les scènes du globe et règne en maître sur la planète metal alternatif. Korn, mené par Jonathan Davis, fascine autant qu’il bouscule le petit monde guindé de la musique. Quand bien même leur son est ouvertement brut, direct, massif, abrasif et sans concession, avec des riffs puissants, une fusion de guitares agressives, des paroles émotionnelles et une voix distinctive, le public suit avec enthousiasme. Et le plus remarquable, c’est que malgré les années, les tendances qui s’enchaînent, Korn a continué à innover, intégrant notamment des éléments électroniques à sa musique, et a maintenu sa réputation en produisant des albums acclamés et en délivrant des prestations scéniques incandescentes. On pouvait difficilement rêver meilleure clôture pour cette 18ème édition, tant Jonathan Davis et ses acolytes ont proposé une masterclass ce dimanche soir à un public médusé, ravi et séduit.

Korn - Credits Photo : © Korn Europe

Alors que les derniers flâneurs s’attardent du côté de la boutique pour ramener un souvenir, les bénévoles sans qui rien ne serait possible s’activent pour évacuer le site et commencer le travail le plus ingrat : le rangement et le démontage. Au moment de dresser le bilan de cette 18ème édition du Cabaret Vert, nous constatons que si le bilan artistique est plutôt très positif, malgré les réserves indiquées dans notre report de la 2ème journée, Julien Sauvage et son équipe devront résoudre le problème lié aux aménagements requis pour que le festival puisse se tenir dans de meilleures conditions en cas d’intempéries car, malgré des bénévoles formidables qui ont oeuvré une partie de la nuit et toute la matinée, il faut reconnaître qu’une partie du site était encore clairement détérioré par la boue. Sans compter le problème du temps de trajet rallongé pour accéder au festival, qui cristallise les critiques de nombreux festivaliers et occasionne de grosses nuisances pour les riverains, surtout avec les 107 000 personnes enregistrées cette année, dont 32 000 pour le seul dimanche, jauge qui pourrait être augmentée à 40 000 festivaliers par jour à terme.

Credits Photo : © A. Thomé pour DarkRoom

Credits Photo : © L. Pochet pour DarkRoom

Faisons confiance à l’équipe d’organisation autour de Julien Sauvage, qui saura faire preuve d’inventivité, comme elle a toujours su le faire jusqu’à présent. Car nul n’imagine devoir faire l’impasse sur ce Cabaret Vert, qui confirme chaque année son statut d’événement majeur dans le paysage culturel français grâce à une programmation ambitieuse. Chaque année, le Cabaret Vert nous permet de prolonger un peu les vacances et illumine nos fins d'été. Et malgré notre nécessaire mauvaise foi, cette 18ème édition ne fait pas exception et, comme le chantait Mass Hysteria il y a quelques heures sur Illuminations : le Cabaret Vert c’est « Plus que du Metal », c’est de l’Amour !

Credits Photo : © L. Pochet pour DarkRoom

Credits Photo : © Vince VDH pour DarkRoom

Credits Photo : © M. Tchakmakdjian pour DarkRoom



A titre personnel, je souhaiterais remercier de tout cœur les attachés de presse du festival pour leur confiance, leur soutien et leur bienveillance. Nous espérons pouvoir couvrir l’événement en 2025. En attendant, merci infiniment !


NB : N’ayant pas encore terminé le traitement des photos du festival, les photos de ce report sont susceptibles d’évoluer prochainement.



Manu, pour le R.A.S. & Stone Rock Radio

Commentaires

Articles les plus consultés